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Des alpes au nain

Nous voici à Modena ! La ville du vinaigre balsamique éponyme, mais surtout d’Enrico, Florence et du tout petit Léon, nos hôtes bienfaiteurs !

Enfin, un toit, un vrai avec chauffage, lit, internet mais surtout douche chaude ! Quel plaisir après 7 jours depuis le dernier hôtel (à Savona) à traverser la côte génoise franchir les Apennins et se « savonner/rincer » à l’eau gelée (opération que nous appelons aussi « blitz-douche », la douche éclair, en raison de la vitesse d’exécution nécessaire pour ne pas geler sur place) !

Une météo capricieuse

Tout n’a pas été aussi terrible que ce que nous avions anticipé. La météo des semaines précédent notre arrivée a été catastrophique avec son lot de tempêtes, inondations et éboulements. Mais après quelques jours en Ligurie, nous avons vite compris que le temps était très changeant mais pas dangereux : exactement un jour de pluie pour un jour de beau temps, et pas d’intermédiaire ! Un jour sur deux, nous étions en T-Shirt au soleil même à 1200m d’altitude, les autres jours c’était PPPP (polaire, parka, pantalon de pluie et… sur-chaussures).

Les jours de beaux temps, les italiens nous acclament d' »Auguri » et autres « Ciao ! » enthousiasmant, les jours de pluie leur regard devient interrogateur voir désaprobateur ! Et il y a de quoi… pourtant nous sommes bien là et avec le recul nous n’avons pas tant souffert du froid ni de la pluie.

Le moment le plus dur reste le matin pluvieux, où, de sous la tente fourmillant d’humidité, il faut s’extirper de son cocon de duvet, revêtir le complet PPPP et démonter tout notre bivouac. Lever 7h, départ 11h…

Jours de bivouac

Nos bivouacs sont de « qualité » très variable. Bivouaquer sur la côte italienne est, comme côté français, problématique à cause de la densité des habitations. En Italie, la moindre allée, sente ou chemin est « proprieta privata » et indiquée comme tel par un beau panneau d’un rouge menaçant que l’on ne peut faire mine d’ignorer…

Nous nous efforçons donc de trouver des parcelles de terrain public ou à défaut clairement à l’abandon, ou alors avec une autorisation, voilà ce que cela a donnée :

  • notre très prometteur bivouac de bout de port à Albenga entre plage et chemin de fer a finalement été des plus bruyants : situé à 10 mètres à la verticale de la voie ferrée, nous étions bercé par le doux fracassement des vagues toutes proches lorsqu’une énorme locomotive diesel d’un convoi de frêt a stationné pendant deux heures exactement à l’aplomb de notre tente. Nous avons eu recours à nos boules Quies pour retrouver le sommeil !
  • installés dans la cour restée ouverte à l’arrière de l’église de Ceriale, nous avons eu le plaisir d’être accueilli au matin par une grenouille de bénitier qui avait avalé son café de travers et nous a répété des « no permiso » pendant que nous terminions de ranger notre  bivouac. Nous ne pensions pas un jour nous voir reprocher d’occuper un espace public tel que l’arrière cour d’une église…. Enrico nous a depuis appris que contrairement à la France, les églises italiennes n’appartiennent pas à l’état, mais sont un bien privé du Vatican.
  • le meilleur bivouac, trouvé de nuit au comble du désespoir après une interminable ascension au dessus de Camiglio (le royaume du « proprieta privata »), a été sous la toile de la buvette du petit village de San Lorenzo della Costa. Ayant repéré l’église, puis un terrain de foot, nous avons demandé l’autorisation d’y camper au plus proche café. Andriano, le sympathique propriétaire du café, nous a invité à mettre notre tente sous la buvette pour se protéger de la pluie. Très reconnaissant de cette nuit passé au sec, nous lui avons consommé quelques cafés et thés le soir, puis le lendemain matin !
  • nous avons passé une très bonne nuit sous le porche d’une église isolée dans une forêt et jouxtant une bruyante cascade. Nous avions eu l’autorisation d’occuper le porche par une grenouille de bénitier bienveillante à condition de libérer les lieux le lendemain avant l’office dominical. Nous pensant enfin seul, Lilie était en pleine blitz-douche lorsque les phares de la voiture de M. Le Curé sont venu éclairer sa nudité ! Rhabillée aussi vite, Aurélie a su retrouver son italien pour présenter notre voyage et notre tandem à ce prêtre amusé par notre périple hivernal (ou la surprise d’une Lilie nue dans la nuit, on ne saura jamais).

Retour vers le voyage de noces

Pour notre voyage de noces en tandem en Europe, il y a déjà 3 ans, nous avions démarré notre périple à La Spezia (arrivé en train depuis la France) et rejoint Modena en 3 jours pour le mariage d’Enrico et Florence. Notre itinéraire étant similaire, nous avons décidé de repasser par les mêmes villages, reprendre le même col, dormir au même bivouac… parce que c’est romantique, vous ne trouvez pas ?!

Si certains souvenirs nous sont revenus (un café, Fivizzano, un virage du col, le bivouac), nous avons redécouvert le col de Cerreto (1261m), toujours aussi dur à franchir avec nos 225kg de charge utile. Heureusement, la monté au col s’est faite par une belle journée ensoleillée en T-Shirt ! Le super bivouac à 2km du col, où à l’époque nous avions pu nous baigner dans l’eau chaude de la rivière, a été complètement dévasté par une tempête récente et l’eau de la rivière glaciale nous a complètement rebutés…

Jeux des 7 erreurs avec les photos du voyages de noces :

Le plaisir de pédaler

Mais alors quels plaisirs en tirons nous ? Pourquoi s’imposer un trajet entre Genova et Modena en plein hiver dans le froid et la pluie ?

Tout d’abord parce qu’il ne fait pas tout le temps froid ou pluvieux, ce ne sont que des épisodes. Nous n’avons jamais eu deux jours de pluie d’affilé, ou sans soleil.

Parce que la côte reste splendide et les sommets enneigés magiques, ne perdant que très peu de leur charme (sauf sous les rares trombes d’eau). Le moindre rayon perçant les nuages ravive toutes les couleurs.

Pour accueillir le moindre signe du soleil comme une bénédiction. Toute heure passé au soleil après un épisode nuageux ou pluvieux est vécu avec le plus grand bonheur d’être dehors, libres et en route pour la route de la Soie.

Parce que le froid, la pluie et l’effort justifient notre gourmandise ! Parce que chaque chocolat chaud dégusté au fond d’un café de village est 100x meilleur lorsqu’il fait froid au dehors, qu’il est savouré pour sa couleur apaisante, son odeur vivifiante, son gout exquis, et sa chaleur réconfortante ! Qu’on les aime ces chocolats !

Mais au bout du compte, ne cachons pas que cet enchainement de bivouacs nous a bien fatigué moralement et que nous sommes très heureux de passer ces quelques jours à Modena au chaud et à l’abri… pour repartir de plus belle vers le sud de l’Italie et sa météo clémente que nous lorgnons depuis que nous consultons la météo italienne !

Quelques photos : Savona – Moneglia et Moneglia – Modena

4 réflexions au sujet de « Des alpes au nain »

    1. Marc & Lilie Auteur de l’article

      Coucou Sophie ! Gagné pour cette première différence :-)
      on a adoré refaire cette partie du voyage, c’était romantique :-) une saint Valentin sur plusieurs jours !
      Nous avons tout reçu à Modène! Nous aussi on vous aime les Loulous !
      Plein de bisous !
      À bientôt :-)

  1. HélèneTomGabi

    Un mois déjà que vous êtes partis !
    Apparemment vous avez déjà de beaux paysages plein les yeux, et c’est super, malgré ce temps fluctuant.
    En espérant que votre descente vers le sud et le printemps arrivant vous préservent un peu plus des intempéries.
    J’ai constaté en visionnant les photos que vous avez des travaux de raccommodage, qui s’y colle ? Lilie ou Marc ?
    Gabrielle aime regarder vos photos et vous reconnait bien dessus, surtout « Maaarc », malgré la barbe :-)
    On vous embrasse fort et on vous souhaite bon courage et plein de bonnes aventures (et un peu de péripéties tout de même, ce sont elle qui laissent le plus de souvenirs…)
    bises bises

    1. Marc & Lilie Auteur de l’article

      Coucou la petite famille :-)
      C’est malheureusement mon protège matelas qui s’est ouvert, je l’ai donc raccommodé (Lilie). J’aurai bien eu besoin de ton savoir faire! Mais j’ai fait ce que j’ai pu avec les moyens du bord ;-)
      On a suivi vos conseils à Nice et dégusté de la socca :-) effectivement il y a comme un air de ressemblance avec le panisse !
      Hihi je vois bien Gabrielle devant l’écran :-) merci pour le fou rire !
      Gros bisous et à bientôt sur le net :-)

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